Mardi 13 octobre 2009
A cette occasion, à cause de ce repos forcé, je me rends compte que les rencontres tarifées me manquent, pour le plaisir que j'en retire, autant que pour l'argent que j'y gagne. Cela me rassure de savoir que je peux gagner de l'argent comme cela. C'est une solution pour sortir de ma situation, payer mes dettes. Même, cela m'angoisse de me dire que cela pourrait s'arrêter. Il faut juste que je fasse plus attention à moi.
Et je voudrais maigrir, j'ai pris 600 g depuis trois semaines.
Par Esther Bonheur
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Mardi 13 octobre 2009
Il sait... tout. Il a tout lu. Il a trouvé l'adresse de ce blog.
Je me sens à nu, nue. Ecorchée, pelée, à découvert, exposée, vulnérable.
Par Esther Bonheur
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Lundi 12 octobre 2009
Je commence à émettre une hypothèse sur la raison pour laquelle la plupart des "professionnelles" refusent la sodomie. Lors de ma dernière nuit, j'ai été déchirée jusqu'au sang. C'était il y a dix jours et ce n'est toujours pas passé. J'ai consulté deux fois, tant la douleur était intense, impossible de m'asseoir. Même marcher m'est pénible. Le médecin m'envoie chez un spécialiste. Peut-être faudra-t-il me recoudre!
Une bonne raison pour que je me fasse le cul rare...
Par Esther Bonheur
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Dimanche 11 octobre 2009
Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mon mari. Enfin, cela aurait été son anniversaire. A la dernière séance chez mon psy, cette dernière s'étonnait que je sois toujours sous emprise. Comment peuvent-ils ne pas comprendre, ne pas concevoir qu'il est toujours en moi? Oui, je l'entends toujours, j'entends ses reproches, ses cris, ses accusations. Oui, il hante toujours mes nuits et mes rêves. Oui, je culpabilise toujours. et je ne sais si je trouverais la paix intérieure un jour...
Par Esther Bonheur
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Samedi 10 octobre 2009
En vérité, il ne m'a pas violée, pas vraiment. Il n'y a pas eu de réelle pénétration. Pendant longtemps, je me suis dit que ça ne comptait pas alors. Et après, quand on m'a dit que c'était grave, j'ai eu comme honte que ce ne fût pas un réel viol. J'avais l'impression que ce que j'avais vécu était une imposture. en fait, c'est par ma force que je l'ai dissuadé. Je devrais être fière de moi. Je le découvre.
Par Esther Bonheur
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Jeudi 8 octobre 2009
J'avais douze ans, c'était un mercredi après-midi d'hiver, il faisait nuit tôt. Je rentrais d'un après-midi passé avec des copains et copines. Parmi, il y avait Fabrice L. devenu journaliste depuis, nous nous entendions merveilleusement bien. Il me draguait mais il ne me plaisait pas. J'avais beaucoup ri avec lui. Je rentrais chez moi, dans cette humeur joyeuse. Je portais un jean serré comme c'était la mode à l'époque. Je passais devant le ministère de la Défense, où piétinaient deux policiers en faction, je tournais l'angle de la rue Saint-Dominique pour avancer dans la rue Casimir Périer. Rue longue et solitaire. J'étais seule, j'entendais mes pas sur le sol.
Soudain, sans que je l'aie entendu, mis à part des pas précipités d'un coup, je sens des bras m'enserrer par derrière au niveau des coudes. Ces bras me tenaient dans un étau implacable. Et un corps se coller à moi, dans mon dos, je sens quelque chose contre mes fesses, sans savoir quoi. Une fraction de seconde, je suis persuadée que c'est Fabrice qui me fait une blague, qui m'a suivie. Cette fraction de seconde suffit à faire monter en moi un désir intense, fulgurant, violent. Quelque chose que je n'ai jamais ressenti auparavant. Mon sexe s'est trempé d'un coup. Je dis :
- Arrête ! Qu'est-ce que tu veux?
Je commence à me débattre, gentiment d'abord, avant de comprendre que ce n'est pas Fabrice. Alors, je me débats plus violemment. Je n'arrive pas à me défaire de cette emprise, mes bras sont emprisonnés. Je m'énerve, je le secoue comme un prunier. Rien à faire. Et l'autre, derrière, se frotte contre moi, se branle contre mes fesses. L'humiliation est totale. Je suis réduite à l'état d'objet sexuel. Je le devine, car, à l'époque, je ne connais pas bien toutes ces choses-là. Je ne sais même pas vraiment comment se passe un rapport sexuel. Je devine qu'il ne devrait pas me faire ce qu'il est en train de me faire. Je pense aux flics, à quelques dizaines de mètres à peine. Voient-ils? Je serre les dents pour ne pas crier, je ne voudrais pas qu'ils me voient dans cette position humiliante. Je suis furieuse. Et j'ai très peur aussi, car je ne maîtrise rien et je ne sais pas quand cela va s'arrêter. Il ahane dans mon cou au rythme de ses va et vient, et c'est insupportable. Finalement, aussi brusquement qu'il m'a attrapée, il me lâche d'un coup. Je recouvre la liberté enfin! Loin de moi l'idée de courir. Je me retourne, je veux le voir. C'est un gamin, à peine plus âgé que moi mais beaucoup plus immature. Il est maghrébin. Il a un regard de bête, d'animal. Entre lui et moi, c'est le gouffre de l'humanité. Je ne veux surtout pas lui montrer que j'ai eu peur. Alors, je reprends mon chemin aussi calmement que possible. Je me force à marcher lentement. Et il se produit l'inconcevable : il se jette sur moi à nouveau, de la même façon et il recommence. Cette fois, pas de désir. Juste la rage de le tuer. C'est plus rapide que la première fois. Quand il me lâche enfin, je me retourne, j'oublie les flics et je hurle :
- Mais qu'est-ce que tu veux à la fin ?! Laisse-moi tranquille !
Mon cri semble le faire reculer ou du moins le surprendre. Là, pareil, je ne veux pas lui montrer que j'ai eu peur. Je marche lentement. Très lentement, car je ne veux pas qu'il sache où j'habite, ma maison est toute proche. Dans mon sac, j'ai un coupe-papier en forme de poignard. Je le sors et le glisse dans ma manche, en me disant que s'il recommençait, je le tuerais. Je sais que je l'aurais fait. Je me suis retournée une dernière fois pour m'assurer qu'il ne me suivait pas. Je suis rentrée chez moi, je n'ai rien dit à personne pendant les vingt-cinq années qui ont suivi. J'avais honte. J'ai jeté mon jean discrètement pour ne pas que ma mère s'en aperçoive et je n'en ai plus jamais porté. Je n'avais pas entendu le son de sa voix, seulement ses râles de bête.
Par Esther Bonheur
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Mercredi 7 octobre 2009
Pendant quelques instants, j'ai cru qu'il allait vraiment me violer. Il m'a dit qu'en fait, il voulait jouir sans capote. Il me laissait le choix entre ma chatte et mon cul. J'ai résisté. Il me maintenait avec force, me faisait mal. J'ai pleuré, je l'ai supplié. J'ai cru qu'il allait le faire. J'ai tenté de le convaincre de ne pas le faire, par les mots, ma seule arme. Piètre défense face à la force physique. Me revient le mot qu'Alexandre Dumas met dans la bouche de Milady : "Que ne suis-je un homme pour en avoir la force!"
La force physique, c'est peu, et c'est beaucoup, quand c'est elle qui dicte sa loi.
Oui, j'y ai cru. Mon corps y a cru. Il m'a giflée. Je me sentais acculée. J'avais l'impression de n'avoir aucune échappatoire.
C'est ce qu'il voulait. Que j'ai ce sentiment-là.
Puis, il m'a avoué qu'il ne l'aurait pas fait. Il voulait me mettre face à mon fantasme, que j'en mesure la dangerosité. Si je tombais sur un malade qui s'y livrait vraiment, me frappait sans ménagement... Tentait, c'est le premier mot que j'ai écrit à la place de tombait, un lapsus qui en dit long. Oui, je suis tentée, encore une fois, de me suicider ainsi ; ce fut la même chose lorsque j'ai rencontré mon mari, peut-être encore plus risqué. J'y allais en conscience, dans l'antre du loup. J'y allais avec le désespoir de n'en pas ressortir. Ce ne fut pas le cas. J'en suis ressortie, prise, sous emprise, mariée. Pourquoi, encore, cette tentation? Ma psy ramène tout au viol initial,originel, qui a façonné mon rapport aux hommes malgré moi. Je n'arrive pas à y croire. Comment ces quelques minutes ont-elles pu décidé de ma vie de ces vingt dernières années? Peut-être que je n'aurais pas dû avoir d'enfant, je n'aurais plus de garde-fou et je pourrais mourir en paix.
Il a insisté, en disant que je devrais arrêter, consulter un psy. Arrêter de vouloir me punir, me faire du mal.
ll m'a frappée à coups de ceinture et j'en redemandais. C'est incompréhensible. Mais j'ai l'impression que c'est ce qu'il me fallait. Comme pour me calmer, m'apaiser. je ne sais pas comment c'est possible. je ne comprends pas.
A-t-il raison? Dois-je avoir peur? Devrais-je arrêter?
Par Esther Bonheur
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Mardi 6 octobre 2009
Je me suis sentie en confiance. Il m'a fait parler. Je lui ai dit des choses que je n'ai même pas écrit sur ce blog. J'ai failli lui révélé ma véritable identité. J'avais envie, besoin de me confier. Il avait l'air de me comprendre. Il m'écoutait. Voilà le vrai risque.
Par Esther Bonheur
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Lundi 5 octobre 2009
Les hommes sont innombrables. Leur désir se renouvelle à l'infini. Comment font les professionnelles? Moi, je suis lasse. Après trois clients en deux jours, dont un une nuit entière, j'aspire au calme et au luxe, sans la volupté.
Par Esther Bonheur
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Lundi 5 octobre 2009
Une relation se noue avec le sultan de l'autre nuit. Pas celle qu'il imaginait, ni moi.
Je me confie à lui, je jouis avec lui au téléphone, ce que je ne fais jamais. Il m'écoute. Il a une voix suave et douce, rassurante et caressante. J'ai envie de lui faire confiance. Je me retiens. Je me méfie. Il veut tout connaître de moi, surtout ce que je veux lui cacher, comme ce blog par exemple, dont j'ai eu l'imprudence de lui parler. Péché d'orgueil?
Oui, il est anonyme mais je l'écris pour ceux qui me connaissent, qui savent ce que je vis, ou qui l'ignorent totalement. Je l'ai écrit pour mon mari, pour qu'il comprenne ce que je traversais. Il n'en a jamais eu connaissance. Tous ces regrets. Eternels.
Par Esther Bonheur
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