Samedi 5 septembre 2009
Bonjour à toi, quelqu'un qui me lit.
Bonjour à toi que je ne connais pas et qui me connais tant sans savoir qui je suis.

Bonjour à toi, inconnu ou nue de la toile
A toi qui m'entends dans la nuit
La nuit éperdue de l'espace virtuel
Une nuit aussi infinie que celle de l'espace, le grand, celui des étoiles
Une nuit de vertiges où les solitudes se côtoient et se croisent,
Sans collision
Sans collusion

Bonjour à toi,
A toi, seul avec moi,
Complices
Tendres

Bonjour à toi
A toi, sache que j'écoute tes silences
Qui me touchent en écho à ma voix, à mes murmures, à mes cris, à mes soupirs.

Un jour, dans cette vie ou une autre,
Nous nous rencontrerons
Et alors,
Nous saurons.
Par Esther Bonheur
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Dimanche 23 août 2009
Pendant dix ans, j'ai voulu arrêter le temps à me servant de l'espace. J'ai comblé l'espace pour stopper le temps. Il est temps de m'en délester. D'accepter que j'ai avancé en temps et en heures. C'est plutôt bien.
J'ai grossi pour suspendre le temps. Je me disais que lorsque je maigrirais, je retournerais à ma vie d'avant. D'avant lui, d'avant ma maternité.
Je commence seulement à intégrer le fait que je sois mère.
Je suis passée de fille à mère sans l'étape de femme.
Je vais habiter dans une chambre bleue avec une table mauve en guise de bureau. Je voudrais y mettre un rideau rose.
Par Esther Bonheur
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Samedi 22 août 2009
Je prends goût à avoir des hommes à mes pieds.
Peut-être que je m'étais trompée en voulant être aux pieds d'un homme...
Ou alors, cela me convenait pendant une période de ma vie.
Maintenant, je crois que j'ai besoin d'être servie comme une princesse.
Par Esther Bonheur
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Vendredi 21 août 2009
Un jour, ce blog sera publié. Au regard de ma véritable identité, il sera intéressant de découvrir cette facette-là, ces secrets. Ma vie est un roman. Pourquoi l'écrire en plus de la vivre ? Pour ne pas oublier, pour me rendre compte. Quelque part, j'en suis fière, de cette vie-là. Les miracles se produisent et je continue à avancer.
Par Esther Bonheur
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Jeudi 20 août 2009
Pas envie ce soir d'aller chercher un nouveau client. Pas envie. J'ai regardé les annonces sur internet. Pas d'envie. Juste envie de me coucher et d'attendre.
Par Esther Bonheur
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Mercredi 19 août 2009
Une belle rencontre. Presque un mirage. Pourtant, cela avait mal démarré. D'abord, par email, il me trouve trop vieille (il a onze ans de moins que moi), paraît faiblement motivé. Puis, nous passons une heure au téléphone à parler de choses et d'autres, lui timide. Il s'étonne de mes tarifs, me dit que je devrais demander le double. Finalement, rendez-vous est pris au bar du casino, je ne suis jamais allée dans un casino. Le lieu est pas mal pour un rendez-vous, public, discret et calme. Il était resté flou sur la suite. Du coup, j'ai mis une culotte Petit Bateau en coton. Je découvre un jeune homme très mignon, tout à fait charmant. Nous passons une demi-heure à parler. Il me confie ses problèmes de couple, je lui explique qu'il y a des alternatives à une séparation pure et simple. Il écoute, intéressé, comme si je lui ouvrais un nouvel horizon. Il me propose d'aller chez lui. J'accepte, je suis venue pour ça, non?
Il fait très chaud. Sa maison est coquette. Il allume la télévision, sans doute pour occuper l'espace sonore. Il commence par me donner l'argent. Au moins, c'est fait, je ne m'inquiète plus et je sais pourquoi je suis là. Il m'offre un verre, quelques bricoles à grignoter ; pas bon pour mon régime, je décide de passer à l'attaque. Je commence à lui caresser la cuisse, les bras. Il me propose d'aller dans la chambre d'amis. Sur les rayonnages, j'y trouve un livre d'une copine. J'étouffe mon premier réflexe de lui en parler. Là, nous commençons à nous embrasser. Il a les lèvres d'une douceur exceptionnelle. Ses baisers dans le cou sont divins. Je me laisse porter. Il veut me déshabiller. Je pense à ma culotte Petit Bateau, pas très sexy. Je reprends l'initiative et le débarrasse de ses vêtements. En plus, il est beau! Musclé. Je n'ai jamais eu un homme aussi beau dans mon lit! J'enlève mon corsage pour dévoiler ma superbe poitrine dans mon non moins superbe soutien-gorge, un modèle unique. "Voluptueuse!" murmure-t-il. Je le suce longuement, comme j'aime le faire. Son gland est ferme et doux, j'apprécie. Lui aussi, il est transcendé, n'a jamais connu ça. Il me demande de me caresser, de me donner du plaisir. Dans un geste savamment réfléchi depuis plusieurs minutes, j'ôte ma jupe et ma culotte dans un seul mouvement, ouf ! Petit Bateau ne m'a pas fait couler! Je m'allonge, lascive, cuisses écartées. Il commence à me lécher. Il n'ose pas. Je le guide. Cela me plaît. Il s'émerveille de pouvoir parler de sexe simplement. Nous faisons l'amour. Je lui fais découvrir la sodomie. Il jouit en se disant qu'il ne s'était jamais retenu aussi longtemps. Il se désole de n'être pas parvenu à me donner un orgasme. Je propose de m'y livrer. Je me caresse, il continue à s'occuper de moi, de mes seins. Je jouis longuement, intensément. Il conclut : "Finalement, c'est très bien d'aller avec des femmes plus âgées!" Il n'a pas fait une réflexion sur mon corps, tombant, affaissé.
Et dire qu'autrement, jamais je n'aurais fait l'amour avec un homme aussi beau !
Par Esther Bonheur
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Samedi 15 août 2009
Je rentre dans ce monde, éberluée. J'y suis rentrée, curieuse, intéressée, la tête pleine de fantasmes. Cela n'a que peu à voir avec ce que j'imaginais. Je garde une bonne rencontre en mémoire, celle avec le type chez qui j'ai dormi. Un peu d'amertume quand même quand je pense aux tarifs qui se pratiquent. Il a dû bien rigoler. Je l'ai fait payer cinq fois moins! Je le sais car hier, j'ai eu un contact avec un jeune homme charmant qui s'est étranglé de surprise quand je lui ai annoncé ce que je demandais. Il m'a dit qu'il ne fallait pas demander si peu, il m'a donné les "vrais" tarifs. En effet, c'est le double!
En même temps, je ne suis pas une de ces "bombasses russes", comme disent les clients, au physique de rêve.
De toute façon, je veux arrêter dès que possible, dès que j'aurais épongé mes dettes et que mes activités professionnels auront repris de façon plus régulière. En attendant, envie de les faire raquer. Je dis cela avec rage. Je suis allée sur des forums, oui ça existe! où les clients évaluent les prostituées, échangent leurs bonnes adresses. Ce sont des forums internationaux, donc ils parlent aussi bien de ce qui se passe en Allemagne, en Belgique, en France, en Espagne. La France est, selon eux, le parent pauvre. Ailleurs, il existe des bordels où ils peuvent tringler à loisir pour pas cher. Je suis écoeurée. La voilà la dégradation de la femme. Ici, pas question de parler seulement d'image. On est dans le réel, dans le concret! Et ces hommes, pour la plupart, ignorent totalement la réalité sordide de la prostitution. Le seul motif en est l'argent. Ils n'ont pas l'air de le voir! La majorité y va pour éviter la "parade nuptiale de la drague", pour se l'économiser. Ils sont réduits au rang de bête en rut. Certains imaginent que les prostituées ont choisi ce "métier". Tous veulent se convaincre qu'elles aiment ça, même s'ils ne sont pas tout à fait dupes. "Elles ne doivent pas tellement aimer la sodomie, sinon, pourquoi demanderaient-elles un supplément?" fait remarquer un intervenant ; j'aurais envie d'ajouter : elles ne doivent pas tellement aimer se faire baiser non plus, sinon pourquoi se faire payer? Pour une femme qui veut juste se faire baiser, il suffit de descendre dans la rue, dans un bar,n'importe où, et elle trouvera un volontaire. Donc, c'est bien l'argent qui les motive, et seulement l'argent. La plupart de ces hommes sont des habitués. Certains ne vont quasiment qu'aux putes. Incapables de donner, incapables d'aimer, ils ne peuvent qu'acheter.
Que peut-on faire ? Est-il souhaitable de faire? Moi-même, ne suis-je pas bienheureuse que des hommes soient prêts à me payer pour ça? Sans doute, je préférais être payée à faire mon métier, mais c'est plus difficile, plus lent à mettre en place, et depuis le coup dur qui m'est arrivé, je ne parviens pas à remonter la pente.
La force du sexe, c'est que l'envie des hommes est immédiate et apparemment irrépressible. Donc, c'est une garantie d'obtenir de l'argent rapidement. Alors que dans mon métier, l'offre est largement supérieure à la demande. Dans la prostitution, il semble que ce soit l'inverse. La demande des hommes est supérieure à l'offre de filles, et pourtant, Dieu sait s'il y en a! Sinon, comment expliquer l'existence de ce "marché"?
Quand je repense à ce qui m'est arrivé l'autre jour, je me dis qu'avoir un mac peut présenter des avantages. Je dis cela et je n'en pense pas un mot. Je ne pense pas qu'il existe un homme qui se veuille vraiment garde du corps, protecteur au sens noble du terme. Dommage.
Je commence à perdre le sommeil et à pleurer pour un rien.
Par Esther Bonheur
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Samedi 15 août 2009
Le gars s'est excusé, il veut me revoir, dit qu'il m'aime. Encore un incapable d'aimer au contraire.
En attendant, mon frigo est vide. Plus aucun fruit et légumes, ni protéines dans la maison. Pâtes et céréales au menu.
Je suis dégoûtée.
Par Esther Bonheur
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Jeudi 13 août 2009
Je pense qu'un jour je choisirai le suicide pour mourir. C'est une belle porte de sortie. Un soulagement de savoir qu'elle existe.
Pourvu que la vie me laisse assez de temps pour cela.
Par Esther Bonheur
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Jeudi 13 août 2009
Journée nulle. Un type en adoration devant moi, qui veut passer une nuit avec moi, à qui je plais "beaucoup". J'ai accumulé les erreurs, j'ai encore trop besoin que l'on me fasse du bien, du coup, je me suis fait avoir. Première erreur, je monte dans sa voiture. Il m'emmène dans un hôtel dans une zone périphérique, loin de tout ou presque. Deuxième erreur, lorsque je lui demande l'argent, il me rassure "pas de souci, tout à l'heure", et je laisse couler. Troisième erreur, je le laisse me baiser, physiquement. Il jouit au bout de... quoi? Trois secondes ! A peu près, oui. Il me propose de prendre un verre. J'accepte en songeant déjà au moyen qu eje vais trouver pour m'éclipser vite fait. Je lui redemande l'argent, il me dit, en bas. Je commence à sentir l'embrouille. Bizarrement, je n'insiste pas. Il est plus fort que moi. J'ai peur, il est vrai. Il dit qu'il m'attend en bas. Et, évidemment, une fois en bas, il n'y a plus personne. Sa voiture a disparu. Par chance, un bon Samaritain accepte de me déposer à la station de métro la plus proche.
C'est le genre de mésaventure qui donne envie d'arrêter tout de suite. Deuxième mauvaise expérience d'affilée. Au moins, l'autre avait eu la délicatesse de me payer. C'est ça qui me fait le plus mal, de ne pas avoir reçu l'argent.
Alors, quoi ? Est-ce que je serais prête à tout subir du moment que je suis payée?
Finalement, le fait qu'il ne m'ait pas payée, n'est-ce pas au contraire, pour lui, une grande marque de respect? Je suis une femme trop bien pour faire la pute.
Ca me donne envie de pleurer. J'ai des enfants à nourrir. Je comptais sur l'argent d'aujourd'hui pour faire les courses. Je suis rentrée directement, le sac vide. Et merde !
Par Esther Bonheur
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