Jeudi 13 août 2009
Je me force à être autre. Depuis ma mauvaise expérience, je me rends compte que je ne pourrais pas enchaîner les "passes" - comment le dire autrement? - en dépit de mon cruel besoin d'argent. Ou du moins, c'est ce que je crois. Il est vrai que les premiers avaient  été délicieux. J'avais pris un plaisir physique et intellectuel exquis. Je ne sais si c'était l'exception ou si c'est la mauvaise expérience qui l'est. Dans le doute, j'ai trouvé autre chose. Quelque chose qui me répugne et que je vais me forcer à faire. Dominer des hommes.
Je suis entrée dans cet univers, vêtue d'un costume, déguisée en femme sûre d'elle, prête à écraser de mes talons aiguilles les soumis et autres esclaves qui ne demandent que cela. Je ne les comprends pas. Je ne me comprends pas. En même temps, je découvre, fascinée, ces désirs inavouables, qu'ils me livrent en toute confiance. Ils le peuvent, même ici, je ne les dévoilerais pas. Comment peuvent-ils aimer telle ou telle chose? Leurs désirs sont les plus marginaux qui soient. Des désirs que l'on n'imagine pas. Cette confiance qu'ils m'accordent, qu'ils m'offrent comme un cadeau, je la reçois pour la faire mienne. J'en ressortirai grandie.
En même temps, cela me fait peur.
Par Esther Bonheur
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Jeudi 13 août 2009
J'ai annulé. Après une nuit d'insomnie.
Je me tournais et me retournais dans mon lit, sans parvenir à trouver le sommeil.
Finalement, je me suis dit qu'il valait mieux que je n'y aille pas.
Et je me suis endormie, comme apaisée.
Par Esther Bonheur
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Mardi 11 août 2009
J'ai encore ce goût désagréable qui me poursuit. Ce dégoût plutôt. Il m'est arrivé de coucher avec des hommes alors que je n'en avais pas envie. Mais j'étais jeune, je pensais que l'envie viendrait, c'était ce qu'eux me faisaient croire. Aujourd'hui, cela n'arrive plus. Sauf avec celui de l'autre jour. Lui, il me dégoûtait. Physiquement. Sa peau, son odeur. Et dire qu'il a tenté de m'embrasser! J'en ai des frissons!
Pourquoi est-ce que je me sens juste pute de coucher avec un homme qui me dégoûte? Quand je prends du plaisir, est-ce que je ne fais pas la putain aussi?
Demain, j'ai un autre rendez-vous. J'y vais à reculons. Peur de me retrouver encore une fois devant un corps flasque de vieux dégoûtant. Jusqu'à présent, j'avais eu beaucoup de chance.
Et eux, comment font-ils pour avoir envie de mes bourrelets?
Par Esther Bonheur
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Lundi 10 août 2009
Après, encore un peu de mal à me bouger. Ce qui m'a calmée, ce fut de recompter les billets dans l'enveloppe.
Et dire que demain, j'irai les déposer à la banque où il irait juste combler mon découvert, et encore seulement en partie!
Il va m'en falloir des passes pour éponger mes dettes !
Mais je suis déterminée. C'est tellement rapide. Jamais je ne pourrais trouver un boulot aussi vite. Même si j'en trouvais un demain, il faudrait que j'attende la fin du mois pour toucher un salaire. Et là, je ne peux même plus sortir d'argent de la banque. Comment suis-je censé faire pour nourrir mes enfants, pour faire les courses tout simplement?
Les billets de mes clients me sauvent.
Je m'émerveille, avec une sorte de naïveté, de voir que je portais un trésor en moi et que je l'ignorais.
Il faut le voir, l'homme, une fois qu'il a payé, payé le droit de me toucher, il faut le voir, l'homme se jeter sur mes seins, les caresser, me déshabiller. C'est son dû. C'est un trésor qu'il découvre et dont il s'empare.
Prenez, Messieurs, et donnez, Messieurs.
Pardon, c'est l'inverse!
Donnez, Messieurs, et prenez !
Par Esther Bonheur
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Dimanche 9 août 2009
Celui d'aujourd'hui avait une odeur de sueur rance. Une petite bite de 10 cm en érection. Presque 60 ans. Il n'était pas méchant. Il m'a demandé :"Tu aimes, tu ne te forces pas?". Et moi, j'avais envie de lui répondre: "Idiot ! Tu m'as payée pour que je me force!"
Lui aussi, comme le premier, faisait le même métier que feu mon mari. Pourtant, un métier pas si ordinaire. Etrange.
Si je croyais au paranormal, je penserais que c'est mon mari qui me les envoie. Pour m'aider? Pour me punir?
Je me suis douchée dans la chambre, une belle douche. J'ai emporté dans la salle de bains mon sac à main qui contenait l'argent, je me souvenais avoir lu sur un forum qu'une escorte avait surpris, en sortant de la douche, son client en train de reprendre l'argent dans son sac. Elle l'avait laissé faire par peur. Pas question que cela m'arrive, c'est de l'argent dur à gagner. Pas facile. Rapide mais dur à gagner. Surtout aujourd'hui.
En sortant, je me suis arrêtée au MacDo pour acheter une rose des sables ou quelque chose qui y ressemblait. Ca m'a un peu apaisée. En rentrant, j'ai terminé le bac de glace au chocolat qui restait. Merci, le chocolat.
Par Esther Bonheur
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Samedi 8 août 2009
Cette fois-là, je suis allée chercher un homme qui avait les mêmes fantasmes que moi. Je ne pensais qu'à moi. Je deviens très égoïste, tant mieux.
J'ai pris des risques. Calculés, mesurés, cela m'excitait.
Dès que je suis arrivée chez lui, il m'a payée. J'ai pensé recompter, je ne l'ai pas fait.
A peine eus-je rangé l'argent dans mon sac qu'il m'a déshabillée, avec une certaine brutalité, un empressement qui trahissait son désir fou de moi. Son désir fou de moi. Moi, la grosse, la moche, la vieille.
Il a dit : "Maintenant, je veux voir ce corps".
Il a fait tomber ma jupe, ma culotte, en m'ordonnant de rester immobile. Il a déboutonné mon chemisier blanc, la fait descendre sur mes épaules d'un coup. Il a détaché mon soutien-gorge. Pudique, j'ai caché mes seins. Il a enlevé mes bras. Il a dit: "Vos seins sont magnifiques". Mes mamelles qui pendent. Il m'a ouvert les cuisses, m'a caressé le sexe déjà trempé. Il m'a fait mettre à quatre pattes et m'a fessée de ses mains larges et dures.
Il m'a offert du champagne, a apprécié mes postures. Je suis douée en postures, c'est naturel chez moi.
Il m'a demandé de le déshabiller, lui, assis sur son canapé rouge. Je me suis exécutée. J'ai caressé la peau de son ventre, douce, tiède, comme s'il avait passé la journée au soleil. J'ai découvert son sexe, très long, équipé d'un beau gland. Je l'ai sucé longuement, avec un plaisir intense. Il ma demandé d'écarter les cuisses et m'a caressée avec son doigt. Mon clitoris était dénudé comme jamais il ne le fut. Cela me faisait peur. Je craignais d'avoir mal. Ce fut le plaisir qui vint, comme une souffrance divine. Inattendu et merveilleux.
Nous avons terminé la nuit dans son lit. Nous y avons dormi, comme un couple.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas dormi avec un homme.
J'aime bien les chaussures que j'ai achetées pour l'occasion : cambrées, noires, vernies, bouclées.
Par Esther Bonheur
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Vendredi 31 juillet 2009
Une fellation réalisée dans un lieu public (sans l'argent, je ne l'aurais pas fait). Il a joui en trente secondes montre en main. J'en étais presque déçue.
Après, un autre qui a voulu m'emmener au resto. J'ai bien mangé. Ca faisait longtemps. Puis, on a fait ce pourquoi il m'a payée. Il avait un beau sexe. J'en ai bien profité. Lui aussi a joui très vite. Je l'ai remis en selle trois fois pour ne pas laisser passer l'occasion. Je n'ai pas joui, moi. Il était trop rapide quand même. Moi, j'ai besoin de temps et d'attention. Je n'ai eu ni l'un ni l'autre.
Par Esther Bonheur
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Jeudi 30 juillet 2009

Psy

A elle, j'ai pu parler. A elle, j'ai pu avouer. Elle avait l'air de savoir déjà, comme si c'était une étape nécessaire. Ce que je crois. Après avoir été violée, battue, voilà qu'il me restait la prostitution. C'est chose faite.
Je payais pour être aimée.
Je me fais payer pour ne pas l'être.
J'ai trop besoin d'amour pour faire des économies.
Par Esther Bonheur
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Mercredi 29 juillet 2009
Il avait les mains moites au début. Ca me dégoûtait. Et je n'aimais pas son odeur. Après, j'ai pensé à mon plaisir, surtout quand j'ai vu son membre, très long et épais, comme le premier. Intérieurement, je me suis dit que j'avais de la chance. C'était curieux, parce qu'il était sec et musculeux. Voir un sexe pareil sur son corps était presque anachronique. Oui, je l'avoue, et tant pis pour les autres hommes, j'aime les verges épaisses, longues et dures. Et c'est meilleur comme ça. Plusieurs fois, je lui ai demandé de m'appeler par le prénom qu'il m'avait trouvé, un joli prénom, cela m'excitait.
Pour notre premier rendez-vous, il m'avait demandé de l'attendre dans la rue. Durant ce laps de temps, je me suis amusée à "faire le trottoir", à prendre des poses. Il n'y avait que moi qui savais mais je mouillais déjà.
Celui-là, c'est sûr que s'il ne me payait pas, et s'il n'avait pas un aussi beau sexe, je ne l'aurais pas accepté dans mon lit.
Dans son discours, il veut que nous fassions semblant d'être amant et maîtresse. J'ai dit oui. Je découvre le mensonge.
Par Esther Bonheur
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Mardi 28 juillet 2009
L'ivresse du pouvoir.
J'ai eu un contact étonnant, avec un homme qui cherche à être dominé par une femme, et même plus, humilié, asservi.
C'est étrange. Il était sympa au demeurant, normal. Il m'a expliqué que, pour lui, c'était un mode de vie. J'ai tenté de jouer le jeu, d'être crédible au téléphone, moi qui, naturellement, me soumet aux hommes.... Quel comble!
Et puis, je me suis demandée si je n'aurais pas envie d'essayer. Pour avoir l'autre point de vue.
Par Esther Bonheur
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