Lundi 30 mars 2009
Je me suis inscrite sur un site de rencontres sur Internet. Comme pour effacer la dernière comme j'effacerais un tableau noir.
Je regarde, j'essaye de comprendre mon attitude vis-à-vis des hommes qui m'attirent.
Ceux qui sont bien sous tous rapports me paraissent inabordables : uns sorte de luxe dans ce catalogue de relations potentielles.
Je fuis désormais tous ceux qui sont illetrés ou pas loin, comme l'était mon amant. J'exagère mais à peine. Je devais faire une explication de texte à chacune de mes phrases. Pénible. Les classes sociales existent, et l'amour a du mal à les transcender.
Je fuis aussi les hommes bohèmes, chômeur à 40 ans mais artiste. Ce sont les pires. Ceux qui pompent tout.
Je m'intéresse aux plus jeunes que moi, pour leur vigueur virile attendue. J'ai besoin de ça.
Et pour le reste, je réponds aux avances des laids, des gros, du moment qu'ils sont établis socialement. Cela me rassure. Je me dis qu'ils sont à ma portée, qu'ils ne sauraient me rejeter. C'est une sorte de transition, en attendant que je me respecte suffisamment. Je crois que, déjà, si j'arrive à séduire un homme bien à l'exception du physique, je le vivrais comme une victoire. Je me sens si nulle, si moche, si grosse, si dégoulinante de larmes, de graisse, de peine. J'ai besoin d'être rassurée, protégée, sécurisée, plus qu'aimée je crois.
Quand je vais bien, je sais que je suis exceptionnelle, brillante, délicieuse, cultivée, attentionnée, gentille, patiente, gaie, spontanée, pétillante, drôle et même attirante à certains égards, du moins habillée.
Tout à l'heure, je vais revoir un psy, cela faisait longtemps, gouffre des Danaïdes.
Par Esther Bonheur
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés