Je suis allée chez ma psy. Grand bien m'en a pris!
J'en ressors éclairée, en plus grande harmonie avec moi-même.
Je lui ai parlé de la mort de mon mari, de mon amant, de la maîtresse de mon mari, de ma réaction énorme à cette misérable trahison.
J'ai compris, un noeud dans mon ventre s'est dénoué d'un coup, que j'exprimais simplement toute la douleur que j'avais contenue jusqu'ici, toute ma jalousie, mon honneur piétiné.
A l'époque où mon mari a pris sa maîtresse, je l'ai vu comme un soulagement. Je n'en pouvais tellement plus de ses assauts! Et tout le reste: la jalousie, l'humiliation, la colère, tout est passé
après. C'était mon sentiment de survie qui dominait, qui s'exprimait. C'était tout ce qui comptait.
Plus d'une fois je me suis dit que si je l'aimais vraiment, je n'aurais pas supporté ce qu'il me faisait subir.
Il l'a installée à côté de nous. Je l'ai traitée en égale, en être humain. Je lui ai confié mes enfants à garder. Je l'ai considérée comme une amie.
Et elle m'a trahie. Elle a cherché à m'enfoncer, à me détruire. La psy la dit perverse. Me prendre mon mari, puis mon amant. Oui, c'est de l'acharnement.
J'avais choisi inconsciemment de traiter tout cela avec distance, non avec hauteur, mais simplement pour me protéger, me préserver. Je n'aurais pas dû l'emmener à l'enterrement. Là n'était pas sa
place.
A présent, je sais. Mon instinct de lionne blessée a parlé. Mes enfants resteront à l'écart d'elle. Je resterai à l'écart d'elle. Je ne veux plus de contact avec elle. Les choses et les gens
reprennent leur place naturellement dans mon esprit.
Quant à mon amant, pareil. Il n'existe plus pour moi désormais. Je garde le bon souvenir du bien qu'il m'a apporté bien malgré lui. Ce n'est pas étonnant qu'il ne m'ait pas cru quand je le lui
disais: il est incapable de faire le bien.
J'avais abdiqué, j'étais à terre, il n'y avait plus qu'à m'achever.
Mais c'est fini tout cela. Je relève la tête.
Et je pars
chasser
le doute
et suivre
mon instinct.