Je n'osais pas venir ici. Ecrire ici. Comme si l'homme que je viens de rencontrer pouvait en connaître l'adresse.
Je reviens, j'ai tant à dire.
Oui, je l'ai rencontré un 1er avril, comme un poisson.
Depuis, nous sommes devenus amants. Il m'a fait jouir et moi aussi.
Depuis, nous sommes devenus amis. Il m'a fait rire et moi aussi.
Il se protège, se tient à l'écart, me tient à distance. Moi aussi, par la force des choses. D'une certaine façon, j'apprécie qu'il ne me harcèle pas, qu'il ne me parle pas de vie en commun, de
projet d'avenir que je ne pourrais pas tenir. En même temps, évidemment, cela me manque.
Il prétend ne pas savoir ce qu'est d'être amoureux, n'avoir jamais connu l'amour. En tout ca, avec moi, il simule bien: visite surprise avec bouquet de roses, dix ou vingt messages par jour, mots
doux, attention, patience.
J'ai envie d'en rencontrer d'autres, pour me protéger, ne pas trop m'attacher, ne pas souffrir comme il le dit. Il craint que je devienne accro. Pas maintenant. Plus mon genre. Pas le temps.
A force de ne pas vouloir que je m'attache, cela risque de lui arriver, que je ne m'attache pas. Et alors, tant pis pour lui!
Défi relevé : il est installé socialement, gagne correctement sa vie, est un homme bien avec sa famille. Je repense à la façon dont j'étais impressionnée, avant. A présent, c'est lui qui est
impressionné par moi.
En tirer la leçon.